Une vue du ciel

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© Y Arthus-Bertrand

Yann Arthus-Bertrand consacre sa vie à illustrer la grandeur et la beauté de la Terre. Né en 1946, le photographe français, qui est aussi réalisateur, écologiste et ambassadeur de bonne volonté du PNUE, commence à photographier la faune sauvage lors d’un voyage au Kenya à la fin des années 1970, lorsqu’il passe un moment en compagnie d’une troupe de lions. Ensuite, il travaille pour Life et pour National Geographic, photographiant au passage la naturaliste Dian Fossey et les gorilles des montagnes du Rwanda.

Ce sont surtout ses photos aériennes, prises à partir d’hélicoptères et de montgolfières, qui ont fait la renommée de Yann Arthus-Bertrand. Avec le concours de l’UNESCO, il nous fait découvrir notre planète sous un angle nouveau dans La Terre vue du ciel. En 2009, il réalise Home, un documentaire illustrant les merveilles de la planète vues du ciel. Il y montre aussi comment les rapports que nous entretenons avec elle sont en train de perturber rapidement l’équilibre écologique.

Les Nations Unies ont chargé Yann Arthus-Bertrand de produire le film officiel du lancement de l’Année internationale des forêts, Des forêts et des hommes – un montage de sept minutes des forêts du monde vues du ciel. Le court-métrage montre non seulement la beauté des forêts mais également ce que nous leur infligeons.

TUNZA a demandé à Yann Arthus-Bertrand quels étaient ses rapports avec les forêts et comment la photo pouvait participer à la protection de la Terre.

TUNZA : Passez-vous beaucoup de temps en forêt ?

Y A-B : Ma maison est située à la lisière d’une forêt dans laquelle je me promène tous les matins. C’est un monde de sensations, où tout ce qui est humain semble disparaître. La tranquillité et la beauté des forêts, leur fraîcheur et leur fertilité expriment quelque chose qui contribue à mon bien-être physique et mental. Je ne crois pas être seul dans ce cas. Nous sommes issus de la forêt. C’est dans les arbres que se sont développés la vision binoculaire et le pouce opposable des humains. C’est peut-être ce qui explique mon besoin de retrouver régulièrement la forêt, pour rétablir le contact. Mais je suis bien conscient que les forêts de la région parisienne portent toutes la marque de la civilisation.

TUNZA : À votre avis, quel est le principal problème et quelle en est la solution ?

Y A-B : Un jour, à Bornéo, je me suis arrêté à proximité d’un champ où un cultivateur était en train de déboiser. Je lui ai parlé de déforestation, d’écosystème et de changement climatique. Il m’a dit : « Vous venez ici, en hélicoptère, pour me donner des leçons ? Moi, je ne fais que travailler pour nourrir ma famille. » Ensuite, il m’a invité sur son bateau en bois où sa femme allaitait leur enfant en regardant un programme de TV américain.

Nous avons créé un rêve de confort et de consommation, nous avons profité de ce rêve, nous l’avons montré à d’autres, et maintenant nous leur disons : « Désolé, mais ce n’est pas pour vous. La planète est en danger. » La question est de savoir si les populations des pays développés sont prêtes à partager. Pour que d’autres aient plus, il faut que nous acceptions d’avoir moins. Et ce n’est pas facile.

Il faut modifier notre façon de penser, pour que les gens se demandent : « Ai-je le droit de faire cela ? Puis-je vivre sans penser à mon impact sur l’environnement sur une planète que je partage avec d’autres ? »

TUNZA : Que peuvent faire les photos et les films pour nous aider à protéger les forêts ?

Y A-B : La beauté de la Terre provoque une émotion intense qui permet de sensibiliser et d’informer. Chaque photo de la Terre ou de ses habitants cherche à montrer ce qu’il y a de mieux pour toucher ce que nous avons de meilleur en nous. La volonté de protéger est plus forte quand on comprend et qu’on aime ce qui doit être protégé.

TUNZA : Avez-vous un message pour les jeunes du monde entier ?

Y A-B : Quand on s’engage, la vie prend tout son sens. C’est ce que je fais à travers la photo, tout comme un architecte qui conçoit une maison « verte » ou un ingénieur qui développe une voiture non polluante. Chacun peut agir dans son domaine spécifique. Ce qui est fondamental, c’est de faire quelque chose.

Sur GoodPlanet.org, le site de Yann Arthus-Bertrand, tu trouveras des photos, un concours, du matériel pédagogique sur les forêts et bien d’autres choses encore.

Voir ses films en ligne :

  1. Des forêts et des hommes
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