Un nouveau mouvement

stethRenzo Guinto, étudiant en médecine, militant écologiste et délégué Bayer pour la jeunesse 2007, pense que les mouvements mondiaux en faveur de la santé et de l’environnement devraient unir leurs forces, et il explique comment, à travers le monde, de jeunes médecins montrent l’exemple.

Aux quatre coins du monde, des dizaines de publications montrent clairement que les changements climatiques ont un impact sur la santé des populations. En 2009, une commission constituée par The Lancet et UCL (University College London) considérait que les changements climatiques étaient « la plus grande menace de santé du 21e siècle ». Les maladies infectieuses comme la dengue et le choléra sont en recrudescence. Les populations sont confrontées à une augmentation de la gravité et de la fréquence des catastrophes naturelles : certains pays, comme les Philippines, subissent de plus en plus de typhons tandis qu’en Afrique, la sécheresse menace les récoltes.

Pourtant, au sein des négociations internationales et dans les programmes d’enseignement, on parle peu de l’impact des changements climatiques sur la santé. Ils sont plutôt présentés comme un problème économique et politique ou simplement environnemental. Et même parmi les écologistes, il n’existe pas de consensus sur cette science et sur les solutions possibles.

La santé unit tout le monde

Et si les changements climatiques étaient envisagés du point de vue de la santé ? L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille ». Chaque État membre des Nations Unies est responsable devant ses citoyens, et le fait de ne pas prendre des mesures de lutte contre les changements climatiques constitue une violation du droit humain à la santé.

Le mouvement écologique mondial devrait mettre l’accent sur les impacts sanitaires des changements climatiques. Les populations locales ne comprennent pas forcément les termes tels que « émissions carbone » ou « plafonnement et échange », mais elles savent bien que la pénurie d’eau et de denrées menace l’alimentation, que le réchauffement favorise la multiplication des moustiques vecteurs de paludisme et que les inondations peuvent être synonymes de maladies et de mort. En connaissance de cause, elles sont davantage enclines à prendre des mesures positives.

Création d’un mouvement

En octobre 2010, la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IFMSA), qui regroupe 1,2 million d’étudiants du monde entier, a lancé une pétition sur Internet demandant instamment aux gouvernements de « réintroduire la santé dans les négociations concernant les changements climatiques ». L’IFMSA appelle à « la consultation et à la pleine participation des acteurs de santé internationaux aux négociations internationales intervenant au sein de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques » dans l’espoir que ces négociations déboucheront sur un « traité mondial équitable, ambitieux et ayant force de loi ».

Par ce geste important, les étudiants en médecine espèrent inciter l’Organisation mondiale de la santé, l’Association médicale mondiale et toutes les autres fondations et organisations non-gouvernementales internationales à être le fer de lance dans ce nouveau mouvement.

Il faudrait que les mouvements mondiaux en faveur de la santé et de l’environnement profitent de cette initiative, qu’ils unissent leurs ressources, leurs efforts et leur voix pour créer des projets de développement à fort impact, recouvrant la santé, l’environnement et même la pauvreté. Un forum mondial sur l’environnement et la santé, par exemple, permettrait aux militants de discuter des problèmes et de les analyser à la double lumière de l’environnement et de la santé, pour élaborer une stratégie mondiale d’action commune.

Si nous abordons les changements climatiques comme des problèmes de santé, je suis certain que le monde trouvera plus rapidement un terrain d’action commun.

Pour plus d’info, voir: www.environmentalgovernance.org

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