Les sports d’hiver : Les changements climatiques et l’industrie du ski

© Kalevkevad

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L’industrie des sports d’hiver ne peut pas se permettre d’ignorer les impacts des changements climatiques. Depuis 30 ans, les chutes de neiges sont beaucoup moins prévisibles et les saisons de ski plus courtes. En 2004, le manque de neige a obligé l’Écosse à fermer quatre stations. Au printemps 2012, une période de chaleur soudaine a fait fondre toute la neige à Ottawa au Canada, et les stations de ski ont été obligées de fermer leurs portes avant la fin de la saison. En Bolivie, le plus haut remonte-pente du monde – 5 395 mètres – à Chacaltaya, a été fermé suite à la fonte glaciaire de 2011. Et dans les Alpes européennes, le manteau neigeux trop superficiel et les tempêtes de neige imprévisibles ont déstabilisé toute l’économie des sports d’hiver.

Les experts s’accordent à penser qu’il s’agit d’un phénomène permanent. Un rapport du PNUE daté de 2006 indiquait que les stations de ski de basse altitude d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie étaient menacées par le réchauffement mondial, précisant que si la tendance à la fonte se poursuit, dans le pire des cas, aucune des stations de ski australiennes ne serait économiquement viable d’ici 2070. Et en 2006, les régions alpines européennes situées en dessous de 1 600 mètres recevaient déjà 20 % de neige en moins. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie européenne du ski dans la mesure où de nombreuses stations d’Autriche, d’Allemagne et d’Italie sont construites en dessous de 1 300 mètres. La fonte du pergélisol va également augmenter les risques de dangereux glissements de terrain et nécessiter le renforcement des remontées mécaniques.

La perte de jours skiables a un coût énorme pour l’économie. Le tourisme suisse représente la plus importante source de revenus dans les régions alpines. Si les changements climatiques provoquaient la fermeture des stations construites en dessous de 1 500 mètres, le pays perdrait 37 % de ses 230 stations. Une analyse effectuée pour le compte de l’État du New Hampshire aux USA estimait qu’une diminution de 10 à 20 % du nombre de jours skiables équivaudrait à une perte financière de 42 à 84 millions de dollars. Certaines stations proposent des sports hors-saison, comme le golf et le parapente. Elles créent aussi des pistes toujours plus élevées – souvent au mépris des lois de protection de la nature – ou prolongent la saison en fabriquant de la neige artificielle.

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