Les héros de la gestion des risques

Gro Harlem Brundtland 1939-

Gro Harlem Brundtland

by GAD/GNU FDL

À 41 ans, Gro Harlem Brundtland devient la plus jeune et première femme premier ministre de Norvège. Elle occupe ce poste pendant neuf ans, remplissant trois mandats, mais c’est au niveau international que son impact a été le plus fort. Au milieu des années 1980, elle est à la tête de la Commission Brundtland qui élabore le concept du développe­ment durable, presque universellement reconnu aujourd’hui, et qui débouche sur le Sommet « planéte Terre » de 1992. En 1998, elle devient directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé. Elle supervise le tout premier traité international sur le contrôle du tabac, qui travaille sur les avertissements sanitaires, interdit ou limite la publicité sur le tabac, et recommande une hausse des taxes pour décourager les fumeurs. Elle lance aussi la campagne Roll-Back Malaria (Faire reculer le paludisme) qui distribue plus de 140 millions de moustiquaires dans la seule Afrique et permet, dans certains pays, de diviser par deux le nombre de décès liés à cette maladie.

M.S. Swaminathan 1925-

M.S. Swaminathan

by Tpvipin/GNU FDL

« Quiconque fait pousser deux épis de blé ou deux brins d’herbe sur un coin de terre où il n’y en avait qu’un auparavant », dit le roi de Brobdingnag dans Les Voyages de Gulliver, « rend de plus grands services à son pays que toute la race des politiciens réunis. »

En tant que père de la Révolution verte de l’Inde, M.S. Swaminathan faisait partie du petit groupe de scientifiques qui a fait exactement cela dans les années 1960. Il réussit à convaincre le gouvernement indien d’essayer un blé hybride à fort rendement mis au point par le pionnier de la Révolution verte, Norman Borlaug. En sept ans, la production nationale double, éloi­gnant le spectre de la famine. Mais la Révolution verte a souvent profité aux cultivateurs plus prospères au détriment des plus pauvres, et depuis Swaminathan a consacré beaucoup d’énergie à améliorer et adapter les cultures pour répondre aux besoins des populations défavorisées.

Theo Colborn 1927-

Theo Colborn

www.architectsofpeace.org

Pharmacienne et veuve d’un cultivateur, Theo Colborn décide de reprendre des études. Elle obtient son doctorat à 51 ans et, neuf ans plus tard, se retrouve à étudier la pollution des Grands lacs américains et ses effets potentiels sur les cancers. Ses résultats sont ras­surants à l’égard du cancer, mais d’une étude à l’autre, ses recherches mettent en évi­dence des maladies, des changements comporte­mentaux, des pro­blèmes de reproduction et des dé­clins de population dans de nombreuses espèces sauvages. Elle réalise que certaines substances chimiques sont en train d’endommager leur système endocrinien, qui régit la sexualité et la reproduction, régule les hormones et le système immunitaire, et coordonne les organes et les tissus. Des recherches subséquentes établissent que nombre de ces substances affectent également les êtres humains. Les travaux de Theo Colborn font naître de nouvelles inquiétudes sur la contamination chi­mique, et des mesures commencent à être prises pour s’attaquer au problème.

Paul Crutzen 1933- Sherwood Rowland 1927- Mario Molina 1943-

Mario Molina

Mario Molina - Senado de la Rep. de México

Sherwood Rowland

Sherwood Rowland - by M Pössel/ Wikimedia Comm.

Paul Crutzen

Paul Crutzen - by Crutzen/euasc2s

La sauvegarde de la couche d’ozone, qui protège toute vie sur Terre des dangereux rayons ultraviolets du soleil, a commencé grâce au courage de scientifiques. À la fin des années 1960, Crutzen, un ingénieur des canaux devenu météorologiste, est le premier à constater que l’humanité risque d’abîmer la couche d’ozone, mais il « n’ose pas encore » rendre sa découverte publique. Il le fera quelques années plus tard. Et lorsque Rowland et Molina, scientifiques de l’Université de Californie, commencent à mesurer les impacts que des substances chimiques courantes, les CFC, pourraient avoir sur l’ozone, les résultats sont si choquants qu’ils pensent s’être trompés. Mais ils ont raison, et leurs travaux aboutiront à l’élimination des substances qui appauvrissent l’ozone. L’élimination se fait grâce au PNUE et à son protocole de Montréal, dont une estimation considère qu’il a permis d’éviter 2 millions de cancers dans les seuls pays occidentaux. En 1995, ces scientifiques sont co-lauréats du prix Nobel de Chimie.

John Snow 1813-1858

John Snow

partleton.co.uk

Dans la première moitié du 19e siècle, le choléra balaie les villes britanniques. C’est John Snow qui en découvre la cause et qui jette les bases de sa prévention. Depuis le Moyen Âge, les gens croient que le choléra résulte de « miasmes », c’est-à-dire d’un air vicié. Snow, lui, arrive à la conclusion que la maladie se transmet par l’eau contaminée.

En 1854, après l’épidémie qui tue 600 Londoniens du quartier de Soho, il arrive à prouver sa théorie. Il réalise que la source de la maladie vient d’une pompe particulière, en fait ôter le manche, et le nombre de cas commence immédiatement à chuter. Sa preuve n’est pas immédiatement acceptée, mais sa réussite finale est si durable qu’en 2003, les médecins britanniques déclaraient dans un sondage qu’ils con­sidéraient John Snow comme le plus grand médecin de tous les temps.

Fatima Jibrell 1947-

Fatima Jibrell

by Goldman Environmental Prize

La Somalie a connu bien des catastrophes – guerres, sécheresses et famines – mais Fatima Jibrell est la preuve qu’une personne décidée peut faire une grande différence dans les circonstances les plus difficiles, en militant autour d’elle pour la paix et la protection de l’environnement. Elle est à l’origine de la Coalition des femmes pour la paix qui se mobilisent face à une crise politique dans la province nord-est du Puntland.

Elle fait pression sur les autorités et réussit à empêcher que les acacias de la région ne soient coupés pour faire du char­bon de bois. À cette époque, le charbon de bois est la principale exportation de Somalie, mais elle persuade néanmoins les autorités du Puntland d’arrêter de le vendre à l’étranger, et elle préconise l’utilisation de cuisinières solaires pour limiter son usage dans son pays. En 2000, Fatima Jibrell reçoit le prix Goldman de l’environnement.

Zhang Heng 78-139 AD

Zhang Heng

by Wikimedia Commons

Grâce à Zhang Heng, cela fait près de 2 000 ans que nous sommes capables de détecter de lointains tremblements de terre. Né en 78 de notre ère, dans la province chinoise du Henan, il devient l’astronome en chef de la cour impériale et invente le premier sismographe. En 132, il fabrique une jarre de 2 mètres de diamètre dotée d’un pendule interne. Elle est entourée de huit dragons, postés à différents points de boussole et dont chacun tient une boule dans la gueule. En cas de tremblement de terre, un dragon ouvre la gueule et laisse échapper sa boule qui tombe dans la bouche du crapaud de bronze situé face à lui, indiquant ainsi la direction du séisme. Et cela plusieurs jours avant que des courriers à cheval n’arrivent pour annoncer la nouvelle, ce qui permet d’envoyer rapidement des secours. Il a fallu attendre 1880 pour qu’un sismographe plus performant soit mis au point.

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