Poussons le bouchon !

Article de Lea Keiper, 17 ans, stagiaire TUNZA, 2011

Au 18e siècle, les bouteilles de vin étaient déjà bouchées avec du liège. Mais depuis quelques années, les bouchons en plastique et à vis commencent à s’implanter sur le marché mondial. TUNZA s’est intéressé à la question :

© Clive Muir, www.grazalemaguide.com

© Clive Muir, www.grazalemaguide.com

Les bouchons en liège

Quelque 2,2 millions d’hectares de forêts de chênes-lièges – situées pour la plupart en Espagne et au Portugal – produisent chaque année environ 300 000 tonnes de liège. Le chêne-liège doit avoir entre 25 et 30 ans avant qu’on puisse prélever son écorce, et les deux premières récoltes sont généralement de qualité médiocre. Par contre, arrivé à maturité, l’arbre produit 40 à 60 kilos de liège tous les 10 à 12 ans, et ce pendant les 200 années qui lui restent à vivre. Effectuée à la main, la collecte du liège n’abîme pas l’arbre. C’est d’ailleurs un geste écologique : contraint de régénérer son écorce, le chêne-liège absorbe davantage de dioxyde de carbone ; cette activité constitue un moyen d’existence durable pour les populations locales ; les produits en liège se recyclent facilement ; et les forêts de chênes-lièges sont un des principaux habitats d’espèces menacées comme le lynx ibérien.

Aujourd’hui pourtant, avec la popularité croissante des bouchons en plastique et à vis, le liège ne représente plus que 60 à 70 % des bouchons utilisés. Cela s’explique en partie par les prix attractifs du synthétique (coût inférieur de 25 % à celui du liège) mais aussi parce qu’il permet d’éviter que le vin soit bouchonné – même si le risque est faible et que le goût de bouchon est souvent très léger.

Les bouchons synthétiques

Disponibles depuis 1993 et représentant de 5 à 10 % du marché mondial, les bouchons synthétiques sont fait d’un alliage de plastiques destiné à ressembler au liège naturel et à produire le petit « pop » caractéristique du bouchon traditionnel. Si le vin ne risque pas d’être bouchonné, il est cependant moins bien protégé des risques d’oxydation. Bien que n’étant pas biodégradables, ces bouchons sont généralement recyclables, même si ce type de plastique n’est accepté que dans les recycleries qui en traitent de grandes quantités.

Les bouchons à vis

Réalisés en aluminium, ils occupent 15 % du marché mondial des bouchons. Plus hermétiques, ils protègent mieux le vin de l’oxygène que les bouchons en liège ou synthétiques, préservant ainsi sa qualité et sa capacité de garde. Toutefois, une étude indique que ces avantages ne durent qu’une dizaine d’années. Comme les bouchons à vis sont dotés d’une pastille interne en plastique, leur recyclage est difficile.

Les impacts environnementaux

Les études effectuées sur l’impact environnemental des différents bouchons montrent que le liège présente bien plus d’avantages que l’aluminium et le plastique, et ce dans presque tous les domaines (voir tableau). Malheureusement, malgré les efforts des fabricants et des recycleries, les bouchons en plastique et en aluminium finissent souvent leur vie dans la mer, où ils représentent un danger pour la faune et la flore marines, et contribuent au développement des immenses îles de déchets de l’océan. De plus, les bouchons synthétiques menacent la conservation des forêts de chênes-lièges : en l’absence d’un marché du bouchon en liège, ces forêts risquent de se dégrader et même de disparaître.

Coût environnemental du bouchon de liège par rapport aux alternatives en aluminium et en plastique.

Indicateur environnemental Liège Aluminium Plastique
Consommation d’énergie non renouvelable 1.00 4.33 4.87
Consommation d’eau 1.90 1.00 3.06
Émissions de gaz à effet de serre 1.00 24.24 9.67
Contribution à l’acidification atmosphérique 1.00 6.15 1.54
Formation d’oxidants photochimiques 1.00 4.04 1.48
Eutrophication des eaux de surface 1.00 1.10 1.52
Production de déchets solides 1.00 1.99 1.57

Source: Amorim/PricewaterhouseCoopers.

TUNZA en conclut qu’il est temps de prendre parti. En général, on ne peut pas savoir si le bouchon d’une bouteille est en plastique ou en liège, et même les bouchons à vis peuvent être difficiles à identifier. Il faudrait demander aux producteurs de faire figurer cette information sur toutes les étiquettes de bouteille. Cela permettrait au consommateur de prendre une décision informée, et d’acheter des produits qui protègent l’environnement au lieu de lui nuire.

Visite HYPERLINK  www.tunza.mobi/fr/corkit-fr et signe notre pétition !

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